Migrants – Exilés – Pour éviter des Lampedusa et des cimetières en Méditérannée

Une réelle coopération grâce au Revenu de Base

Pour éviter que des personnes, pour des raisons politiques, économiques ou écologiques ne soient encore contraintes ou tentées de « passer » en Europe au péril de leurs vies :  

  • Lampedusa en Italie depuis la Lybie ou la Tunisie,
  • Les  îles grecques en provenance de la Turquie,
  • La barrière de Ceuta au Maroc,

Pour éviter que la Méditerranée ne continue à être le cimetière des Migrants depuis Gibraltar jusqu’à Samos

voici une tentative de réponse

Il n’y a pas de question à se poser pour les migrants qui fuient leurs pays  pour des raisons politiques. Nous devons les recevoir en tant que « réfugiés politiques » avec tous les égards qui leurs sont dus. Ce sont le plus souvent des intellectuels dont les libertés fondamentales sont refusées et qui risquent leur vie s’ils restent au pays.

Quant aux autres migrants (économiques ou écologiques) :

  • Pour éviter les « camps » surpeuplés dans les « pays d’accueil » 
  • Pour éviter les « passeurs » de frontières et leurs rackets
  • Pour éviter que les fonds destinés aux gouvernements européens afin de pouvoir « gérer »  cette immigration (application des accords de Schengen) ne soient détournés par les Mafias et la corruption…
  • Pour éviter que les fonds dédiés aux « Etats » (démocratiques ?) des pays à l’origine de l’immigration pour aider leurs citoyens localement  ne soient détournés au profit de dirigeants corrompus et/ou de l’oligarchie locale et internationale.

Voici une piste : si l’on suppose que des chartes ont été mises en place dans les pays sur la base de l’application de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1946 et en particulier

  • distribution d’un Revenu de Base Inconditionnel Individuel et Inaliénable – RB3I (art.25)
  • respect de la Laïcité (art.18)
  • suppression de la peine de mort

Voici, pour la démonstration ce que pourrait-être une réelle coopération : selon le pays, le RBI serait adapté au mode de vie et aux besoins de la population. Nous en avons déjà une bonne notion (par le tourisme, entre autres).

Pour simplifier, nous prendrons des  chiffres « ronds » et prendrons en considération la Monnaie Nationale Complémentaire (MNC)

  • 1 000 Euros ou Euro/Francs en France
  • 1 200 Euros ou Euro/Deutsch-marks en Allemagne
  • 500 Euros ou Euro/Zlotys en Pologne
  • 350 Euros ou Euro/Leus en Roumanie
  • 1 000 Euros ou Euro/Lires en Italie
  • 150 Euros ou Euro/Dinars en Tunisie, Algérie et Maroc
  • 100 Euros ou Euro /Francs CFA au Mali
  • 1 500 Euros ou Dollars au USA
  • etc…

Voici la règle (simple) qui gérerait cette coopération (rappel) :

Le pays au plus fort RB3I distribuera au migrant en situation régulière un RB3I dont le montant sera la moyenne des RB3I entre les deux pays.  A l’inverse, c’est le pays récepteur qui le paiera en monnaie locale (MNC)

 C’est une façon de tendre vers de nouveaux équilibres et de combler progressivement le fossé qui nous sépare de ces pays sans n’en léser aucun. Tout le monde est gagnant.

Exemple : un français migrant au Mali percevra de l’Etat Français un RBI de 550 euros (Moyenne de 1000 et de 100) non imposable auquel s’ajoutera son revenu sur place s’il a un emploi (de coopérant par exemple).

On voit immédiatement l’intérêt :

  • l’Etat émetteur paye un RBI au migrant inférieur à ce qu’il lui aurait payé sur le territoire national.
  • Le Migrant touche un RBI plus de 5 fois supérieur à celui du pays de destination.
  • L’Etat de destination bénéficie des compétences du Migrant, de sa consommation (TVA) et de ses impôts et taxes…

A l’inverse : un malien qui toucherait 100 euros dans son pays souhaite travailler en France. A condition d’être en situation régulière, il percevra son RB3I de 1 000 euros en MNC. A cela s’ajoutera son salaire (en euros) sur lequel il paiera ses impôts et taxes et pourra en faire profiter sa famille « (au bled »).

  • l’Etat émetteur ne paye pas de RB3I au migrant .
  • Le Migrant touche un RB3I lui permettant de vivre dignement sur place grâce à la MNC
  • L’Etat de destination reçoit dignement le « migrant »
  • Il bénéficie des compétences du Migrant, de sa consommation (TVA) et de ses impôts et taxes…
  • La société sera apaisée car elle aura évacué le faux problème de l’immigration, des sans-papiers ou de la néo-colonisation.

De même, un chercheur français migrant vers les USA recevra un RBI de 1 500 dollars payé par les USA et, comme partout, percevra son salaire, paiera ses impôts et taxes sur place. Les USA bénéficieront donc d’un cerveau. Charge à la France d’être plus attractive pour attirer de nouveau ses chercheurs…

Un polonais migrant au Mali percevra de la Pologne un RBI de 300 euros etc.

Comme on le voit, quel que soit les cas de figure, tout le monde est gagnant. L’immigration ne se fera que si le pays destinataire est demandeur, c’est-à-dire s’il a besoin de personnel qualifié dans un domaine. Ceci est valable dans un sens comme dans l’autre. Pourquoi migrer ailleurs, avec tous les inconvénients de l’immigration si c’est pour vivre comme chez soi avec le minimum ?

Il n’est pas besoin d’être un grand économiste ou sociologue pour imaginer le bien fondé de ces mesures.

Si besoin était, connaissant l’abîme qui nous sépare de certains pays sinistrés, une taxe TOBIN peut être mise en place pour les aider à mettre rapidement en place ce RB3I. On peut même imaginer débloquer un budget spécifique prélevé sur les budgets des défenses nationales des pays alliés pour initier le RB3I dans les pays du Sud. Charge au FMI de faire son travail monétaire en organisant la distribution du RB3I pour que chaque citoyen dont le pays a signé la charte reçoive directement, en monnaie locale ou en monnaie internationale ce RB3I.

Beaucoup de conflits pourraient être évités si, plutôt que de construire des murs, d’envoyer des troupes ou de fournir des armements, on tentait de partager nos richesses et donner des fonds pour valoriser l’économie des pays et faire de la prévention pour éviter les catastrophes humaines (guerres, terrorisme,…) et écologiques et naturelles…

Nous avons vu que le RB3I pouvait contenir un potentiel vital : quantité d’eau potable nécessaire à l’hygiène, quantité d’énergie, potentiel « santé »…. Si ce potentiel ne devrait pas poser problème dans les pays du Nord, c’est un investissement important dans les pays du Sud. En effet, pour l’accès à l’eau, il faudra investir dans des puits, du stockage et de réseaux de distribution. Pour l’énergie, c’est le solaire et l’éolien  qui permettra une mise en œuvre rapide.

Nous devons tous participer à la Troisième Révolution Industrielle  TRI. Personne ne doit rester sur le bord de la route du progrès. Une expérience intéressante initiée par J.L. Borlow est en cours pour l’électrification de l’Afrique.

N’oublions pas que pour nous, notre France a toujours été une terre d’accueil et de liberté.

(ré-écouter Jean Ferrat ! : ma France : …cet air de liberté au delà des frontières, aux peuples étrangers qui donnait le vertige et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige…

L’accueil des migrants est une question morale.

Nous sommes responsables de tout ce que nous n’essayons pas d’empêcher  – Jean-Paul Sartre 

 

6 Commentaires

  1. bourino

    tu pars de l’hypothèse que les décisions se prendraient pour enrichir les populations

    or tout l’observable est l’inverse
    en particulier en pays pauvre
    où tout le jeu est de diviser et affaiblir pour mieux prendre
    les ressources en matières premières ou point géostratégique

    par exemple, FRANÇAFRIQUE, PETROLE, ARMEMENT, PARADIS FISCAUX, MAFFIA, http://vimeo.com/17967852 1H30 conférence de François-Xavier Verschave (décédé en 2005), enregistrée le 28 mars 2002 par l’association SPID, intitulée “L’envers de la dette”.
    … business as usual. La croissance de l’argent par la destruction des pays et de leurs populations.
    Le néocolonialisme, plus un pays a des ressources plus il faut l’appauvrir pour les piller. Ce jeu dangereux fait croitre la dictature financière mondiale et affaiblit nos démocraties.

    tout cela pour évoquer qu’en sus de montrer que les cibles accessibles existent
    mieux vaut aussi identifier et présenter pourquoi aujourd’hui nous ne voulons PAS oeuvrer pour nous enrichir

    cordialement

    Répondre
    1. Françoise Niel Aubin.

      Bonsoir.
      Je ne mets pas en doute tes dires, bien au contraire.

      Mais si tu es honnêtes, tu dois préciser que ces conférences, ne datent pas d’hier, et je suis bien placée pour savoir que la politique de François Hollande, est différente, de celle de Nicolas Sarkozy, au sujet des pays étrangers, enfin, je veux dire, relativement à sa politique internationale, notamment, vis à vis de l’Afrique.

      Certes je précise que je ne suis pas naïve, je sais fort bien que si la notion de « post colonialisme », est infiniment moins présente, avec François Hollande, qu’elle ne l’était avec Nicolas Sarkozy, je suis consciente, malgré tout, qu’il existe certains intérêts, relatifs à certains grands groupes, qui en dépendent.

      Mais le vrai, et véritable oubli, que tout le monde fait, aujourd’hui, au sujet de la politique internationale, réside, dans le fait, que ces grands groupes tentaculaires, sont quasiment ors d’atteinte, par les dirigeants politiques eux m^me, pour la simple raison, que les lois, relatives à leurs gestion, n’existent pas, et qu’elle doivent être crées…..

      Et quand bien même certains gouvernants, comme François Hollande, et notre gouvernement, souhaiteraient y mettre bon ordre, que c’est d’autant plus difficile, que nous ne sommes pas nécessairement majoritaires, sur le pourcentage des actionnaires, et donc, du pouvoir,qui y est rattaché.
      Voilà pour quelle raison, il importe, de toute urgence, désormais, de légiférer sur ce droit international, en ce qui concerne les lois, qui régissent ces multinationales, pour faire que ces peuples, ne soient plus spoliés de leurs richesses.

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      1. Bernard

        Merci de ces commentaires mais je pense qu’il y a deux façons de voir l’avenir.
        Soit le FMI assume ce qui devrait être son rôle, c’est à dire de permettre à tous les peuples qui vivent dans les pays pauvres mais démocratiques de vivre dignement : les citoyens (pas les dirigeants) doivent percevoir individuellement un Revenu de Base. Concernant son financemen, la source doit provenir principalement des budgets des défenses nationales et ou d’une taxe Tobin.
        Soit le FMI continue son « travail » de sape comme il l’a fait pour la Grèce et bien avant pour l’Argentine et il perpétue la ruine et le fossé entre pays pauvres et pays « riches » en exigeant le remboursement de la fameuse « dette ». Il perpétue ainsi le fossé entre les multinationales et les « prolétaires » de tous les pays.

        Je préfère la première solution qui, elle, éviterait bien des conflits et surtout éviterait l’émigration de pauvres malheureux qui n’ont pas d’autre solution que d’espérer l’eldorado européen pour faire vivre leur famille au « bled »

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  2. Bernard

    Je réponds très tard et je m’en excuse.
    Je suis bien sûr d’accord avec toi concernant ce qui se passe actuellement.
    Nous, les pays « riches », pillons les pays exploités pour leurs riches sous-sols sans même parler le l’exploitation des populations ou de cette dette récurrente…
    Je pense simplement que si les « politiques » étaient volontaires, le « gap » qui existe et qui ne cesse de se creuser entre ces pays pourrait enfin se combler si un RBI était mis en place dans tous les pays de la planète riches comme pauvres.
    C’est sans doute utopique aujourd’hui mais sans utopie, il n’y aurait jamais eu de progrès.
    Quand je constate ce qui se passe aujourd’hui, je me dis que nous devrions être de plus en plus nombreux à prôner ce RBI.
    Du reste ce sondage est surprenant non ? https://www.facebook.com/RevenudeBase/photos/a.389244447792933.101985.355553817828663/1055232154527489/?type=3&theater
    Amitiés

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  3. Plassard francois

    Quelle bonheur de recevoir ce mail qui relie l’écologie sociale, le revenu d’existence et cette premiere vague d’immigration de réfugiés politiques, économiques, climatiques…
    qui n’est que le début du début d’une vague (300 millions de migrants ? dit le GIEC) et pour etre plus prosaique le resultat d’un differentiel (comme la formation d’un orage) entre le sud de la mediterranée qui a 380 millions d’habitants où les moins de 25 ans sont 60% et le nord de la mediterranée de 180 millions d’habitants, avec un fort revenu, et un nombre de retraités qui s’accroit sans cesse.
    Pour l’instant face à ces catastrophes humaines d’exil ou de migration, qui sont devant nous, nos partis politiques n’ont pas de solution dans le cadre de la pensée qui leur est propre (la recherche du retour à une croissance sans critique sur son contenu, comme un paradis perdu alors que elle tend vers zero de facon continue depuis un demi siecle !)
    « Quand malgré tous nos efforts nous ne savons pas répondre à une question (aussi importante que le chomage , le logement par exemple) c’est que l’on s’est trompé de question « , nous aurait dit Albert Einstein !
    Il nous manque un saut conceptuel ou cognitif pour éviter d’accélerer effondrement et violence qui peut nous amener à une catharsis ou guerre que nous souhaitons toujours localisée dans le temps et dans l’espace (comme devaient l’etre les deux dernieres guerres mondiales !)
    Pour faire un saut conceptuel (elargir le cadre de nos représentations pour acquerir un nouveau regard), il faut sortir de nos visions uniquement catégorielles, analytiques, pour une pensée plus globale, transversale , interdisciplinaire !
    Dans ce defi de la pensée ….
    Voilà un chantier de debat passionant que celui de relier
    – une reconceptualisation de la notion de monnaie (créée ex nihilo par les banquier pour prélever des interêts) soit un débat sur la dette (légitime, illegitime, honteuse, légale…?) qui revient de facon cyclique dans l’Histoire depuis 2500 ans
    -avec le debat sur l’avenir de l’Europe neoliberale et son euro qui ne sait pas harmoniser le dumping social et /ou environnemental, qui n’a jamais reflechi à une Europe sociale (dont le RIE pourrait etre un premier outil !) et qui prefere TAFTA !
    – avec aussi le role du RIE non seulement moteur de partage volontaire du travail (pour 30% de personnes non addict au travail, disent les enquetes c’est pas rien) , moteurs de richesses non monétarisées et riches de lien social (une société avec marché et non de marché),
    mais aussi necessaire à la transition energetique et climatique en reterritorialisant (économie circulaire) une partie de nos économies. Un tiers du RIE versé en MLC, pourrait stimuler ces monnaies locales complémentaires pour changer partiellement nos manieres de produire, consommer et vivre avec moins d’empreintes écologiques.

    Et surtout comprendre que le petrole nous a empeché de voir la nature autrement que comme des livres à bruler dans des chaudieres , au lieu de comprendre ce qui est ecrit dans ces livres peut nous apporter pour notre bien vivre plus que ce que nous a apporté le petrole ! (cf la permaculture, le biomimetisme, pour dépasser l’agriculture petroliere)
    Dans une « economie de la connaissance plus que une économie d’optimisation de la matiere et de l’energie (avec si peu de travail humain) , un revenu pour écouter ses talents , pour « réussir sa vie » autant que « réussir dans la vie, peut etre la premiere idée politique , systemique positive du 21 eme siecle ! Une mutation de notre contrat social aussi considerable que la décision civilisationelle de l’abolition de l’esclavage !
    Un tel saut conceptuel passera toujours par les trois etapes : 1-, pas serieux s’abstenir,
    2-dangereux pour ceux qui se sont accaparé 90 % de la richesse,
    3-puis evident.
    Qui n’a pas connu ces conflits processus instituants

    Mettre le RIE au coeur du debat du probleme des migrants qui deviendra tsunami (toujours à l’avantage des extreme droites)
    est une idée geniale !
    J’ai convaincu Ricardo Petrella qui a dirigé la prospective de l’Europe pendant 15 ans à venir en debattre à Toulouse au moment des dernieres présidentielles : « l’appel Mermoz (salle mermoz) pour un revenu de base ». Italien d’origine , le sud de la mediterranée (avec la guerre du sol, du sang (ethnie), du sens (religion) que constitue l’acharnement meurtrier des sunnites d’origine arabe et les chiites d’origine perses ) lui fait peur car l’italie (et la Grece) sont aux portes du cimetiere.
    Les differents RIE négociés pays par pays peuvent jouer un role de regulation formidable pour la méditerranée !

    Bravo d’apporter sur internet ce debat du RIE pour sortir du cadre conceptuel que celui actuel sur les boat people,
    nous permettant du meme coup de reflechir à nos monnaies credit , devenus monnaies dette
    nous permettant de reflechir à un double revenu necessaire à une économie de la connaissance et democratique
    francois Plassard
    qui avait initié en Rhone Alpes de 1992 à 1996 puis en Italie (Perouge et Assise) l’université citoyenne du temps choisi : une experimentation déjà d’un revenu d’existence de 400€/mois pour tous ceux qui négociaient avec leur employeur le partage de leur travail à mi temps ! Contrat CR, direction du travail, Europe et employeur. projet de loi demandé par Hascouet que L.Jospin n’a pas voulu !
    La gravité des effets de l’austerité fait que maintenant 68 % de citoyens sont pour le debat RIE, continuons !!!
    francois Plassard
    chercheur en incomplétude qui vit avec bonheur un revenu de base qui s’appelle la retraite !

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    1. Bernard

      Merci pour ce commentaire qui va évidemment dans le sens de ma démarche aussi bien pour le RBI que pour une monnaie complémentaire nationale. J’espère que ce Revenu de Base Inconditionnel sera un outil que nous serons capables de bien utiliser pour relier les hommes plutôt que de les exclure (comme semble le prôner Bruno Lemaire, secrétaire général du «Think-tank» frontiste. J’attends l’expérience finlandaise initiée par un premier ministre centriste.

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