Revenu de Base – Débats – Baptiste Mylondo – Agir localement

 

Choix d’un « Pilote » – Le débat est ouvert par Baptiste MylondoAgir localement pour un revenu inconditionnel : repenser la politique sociale. Un résumé est disponible au début de l’article

Baptiste  fait une très bonne analyse de l’existant et des objectifs à atteindre (page 4 à 7). Ensuite, il prend en considération les différentes expériences qui ont été réalisées en France mais aussi aux USA et propose différentes phases de mise en œuvre du projet, une expérimentation, des plannings et des budgets (page 8 à 16). Son approche est « progressive ». En effet, le Revenu de Base serait distribué au niveau local en prenant en compte les conditions de ressource pour une population réduite.

Cette deuxième partie me semble beaucoup plus technique que la première (voir plus haut la définition des objectifs) et difficilement accessible pour un public non averti. Tous les exemples donnés en France ou ailleurs (USA) sont (à mon sens) peu significatifs car si le coût a été étudié, les effets n’ont pas été analysés ou ne sont pas présentés. (voir Annexes page 17 à 20)

Personnellement, je n’adhère pas à cette démarche et j’ai exposé mon point de vue dans l’e-mail que j’ai transmis à Baptiste avec copie à  BMV puis à CL. Les réactions ont été immédiates quant au choix de la phase « pilote » et c’est l’objet de ce texte que d’y répondre et d’argumenter mon choix.

Extrait de l’e-mail à BM :
Concernant la mise en œuvre et le projet d’expérimentation, je trouve les délais très (trop) longs et je reste personnellement convaincu que la mise en œuvre doit passer par une région pilote plutôt que de mettre en place des mesures locales « relais » qui ne correspondent en rien à la solution définitive.  Il faut pouvoir tester la « cible » finale et vérifier les effets de la mesure en situation définitive réelle. Toutes les phases, les étapes et  les tâches de mise en place dans cette région permettront de « calibrer » la propagation aux autres régions.

La Corse me semble particulièrement adaptée en raison de sa faible population et de son insularité car il devrait être relativement simple d’obtenir un recensement précis, exhaustif et « stable »

  • de la population
  • de tous les services publics et privés destinés au « social » et de leurs coûts d’exploitation
  • du montant de toutes les subventions et allocations provenant de l’État
  • des montants des impôts locaux et nationaux collectés.

Toutes les phases de mise en œuvre peuvent y être testées, en particulier la logistique et les outils informatiques (définitifs) permettant

  • le recensement
  • la distribution des Revenus de Base (Revenu Social Garanti, Revenu d’Existence, Revenu Citoyen, REMEDE…)
  • les outils fiscaux en fonction des choix possibles : TVA et/ou CSG et/ou IRPP et/ou Impôt sur les sociétés et Charges sociales…
  • des outils bancaires et comptables pour assurer les automatismes de prélèvement à la source (production et/ou consommation)
  • le positionnement d’indicateurs et l’automatisme de leurs collectes

La mise en place des outils informatiques nécessaires  à la phase pilote ne devrait pas excéder 6 mois pour une équipe d’une dizaine d’informaticiens compétents. Les cahiers des charges doivent être accessibles sur internet par tous les citoyens et ouvert aux débats.
Tous les « objets » informatiques doivent être développés sous forme de « logiciel libres » (transparents donc contrôlables). Il doivent été conçus en vue d’une application mondiale de manière à être réutilisés tels-quels, par tous, sans modification. Seules les langues doivent en différencier l’utilisation.

La phase pilote doit permettre de vérifier

  • dès la première année l’équilibre général et de positionner tous les indicateurs du projet (avant – après) afin de pouvoir vérifier les effets escomptés.
  • la deuxième année doit permettre de vérifier ces effets et éventuellement de réviser le projet définitif pour son application à l’ensemble du territoire.

Si les effets escomptés sont déjà visibles ou prévisibles  dès la première année, le déploiement peut être anticipé à d’autres régions : DOM  TOM et sur « le continent »…

Voici la réaction de BMV au choix de la Corse

Concernant  ton opération pilote sur la corse je n’en ai pas lu en détails toutes les facettes mais vu que j’habite depuis plusieurs décennies dans le midi et vu qu’en ce qui concerne le professionnalisme à détourner les objectifs institutionnels officiels  au profit des mafias locales par des pratiques, comportements et résultats à l’envers des objectifs affichés. La corse est au midi ce que le midi est à la France du nord : c’est à dire un détournement puissance deux.

Je crois qu’avec la corse en site pilote avant de pouvoir observer quoique ce soit d’autre, et tes arguments logiques pour la choisir sont très raisonnables, tu observeras d’abord et surtout une éclatante démonstration de pourquoi ça ne marche pas car avec la corse tu choisis le système politico culturel  le plus aux antipodes et menacé donc aux automatismes d’opposant envers un revenu de base inconditionnel  où la seule liberté cultivée par les généreux bienfaiteurs mafias  et tribus locales est d’augmenter la dette de leur électorat envers  ses élus  et sa dépendance envers ce que les élus distribuent (emplois, statuts, autorisations, permis, aides, tout est bon pour partout remplacer la loi nationale par le bon vouloir du prince élu local qui aime et cultive que ses électeurs lui doivent peur, obéissance et soumission) dont le respect d’une partie non négligeable de la population envers sa tribu électorale  s’obtient et se mesure par le classement de cette tribu dans la compétition au volume de choses et avantages qu’elle sait distribuer à sa clientèle électorale,  et donc où tous les systèmes de redistribution doivent être totalement détourné de leurs objectifs initiaux par les  élus politiques locaux  pour  renforcer leur pouvoir en détournant un maximum d’ aides et droits vers les fourches caudines des us et pratiques du clientélisme local.

Bref sans aucunement regarder toutes les bonnes raisons intellectuelles sur pourquoi la corse fait un bon pilote et que tu  détailles fort raisonnablement, je préfère t’avertir que vu la culture et les pratiques locales d’inverser l’officiel vers de toutes autres règles du jeu locales et vu que les libertés augmentées par le revenu citoyen sont une menace pour cette culture basée sur la peur et l’obéissance

je crois que choisir la corse en site pilote c’est choisir le site qui a les plus fortes raisons et les comportements les plus rodés pour y résister en le détournant très profondément, voire jusqu’à la moelle, bref le meilleur moyen de torpiller pour des décennies toute crédibilité de faisabilité à toute forme de revenu de base ou citoyen ou existence. Après , c’est ton choix. Si tu veux tuer ton remède au début de son accouchement la corse est un excellent choix. Comme le disait ton super film (? allemand ? ) sur le revenu de base : « la difficulté n’est pas le financement, c’est la liberté « 

Et celle de CL

Soit, je suis peut-être un peu trop « dur », mais je constate que la Corse souffre d’une corruption chronique de ses élites politiques, je le déplore crois-le bien. Quant au REMEDE – dont seul le nom m’« afflige » -, je crois que tu devrais limiter les critères pour être plus crédible, car au stade où tu en es, il faut convaincre un maximum de gens, or le côté « solution à tous les problèmes » (le seul remède) est contre-productif, je le crains. Après, que ce soit la Corse où un autre endroit est au fond secondaire.


 

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